Coup de ♥️ #3 : Interview de Nino GOTFUNK

Mis à jour : juin 4


© Photo : Emmy COSNEFROY


Nino GOTFUNK est un jeune chanteur, auteur, compositeur et producteur.

Né dans la célèbre ville de Gruchet-le-Valasse, en Seine Maritime, il décide à la sortie de la maternité de poser ses valises, avec ses parents bien sûr, à Lillebonne, ville normande que j’affectionne. Ça c’est pour le côté in. Côté off, j’ajoute que, j’ai eu la chance de connaître Nino GOTFUNK à ses quasi-débuts et j’ose dire qu’aujourd’hui, Nino est de ces jeunes artistes à l’âme sage des temps anciens ! Un guerrier aux valeurs essentielles avec pour armes vocales, son talent et sa foi en un monde juste ! Un véritable courageux, dans cet univers musical où faire sa place se gagne chaque jour, aux notes à notes savamment assemblées. Mais pour l’heure, je vous invite à le rencontrer…


TYNDIAYE : Cher Nino GOTFUNK, bonjour, je suis si heureuse de vous accueillir sur le Blog Coup de Cœur de TYNDIAYE. Un souhait de longue date ! Il est plusieurs questions incontournables pour tous les invités du Blog, voici la première : T : En ce joli mois de Mai et période toute particulière de sortie en douceur du 3ème confinement, que nous dit votre voix de vous ? Nino GOTFUNK : Bonjour chère Virginie, c’est un plaisir pour moi de répondre à vos questions ! Ma voix, en ce mois de Mai est très posée, beaucoup plus qu’elle n’a pu l’être. Je peux le dire, ma voix a changé, elle est un peu plus grave par exemple, plus « douce » aussi. Je crois que c’est dû à une longue période sans concerts, j’ai pu la reposer… Mais j’ai tellement hâte de retrouver la scène que je travaille pour retrouver un peu de puissance et de vitalité ! C’est bon, on s’est assez reposé maintenant, let’s go ! T : Votre parcours est juste atypique et incroyable, pourriez-vous nous le décrire en quelques mots ? Quelques phrases ? Nino GOTFUNK : J’ai commencé la guitare assez jeune, grâce à mon père et mon oncle Azdine, qui m’ont transmis cette passion. Au lycée, j’ai monté ma première émission de radio, puis l’envie est venue de monter un groupe, d’écrire, de faire des concerts… J’ai eu la chance d’enregistrer, de jouer, au Luxembourg, à Londres, dans les studios de Peter Gabriel, avant de partir en solo il y à 4 ou 5 ans. J’ai eu l’honneur d’être sélectionné parmi plus de 1000 candidats pour être finaliste du concours " Il était une voix ", au bureau Virgin RADIO, en 2016 et de rencontrer YODÉLICE dans ses studios à Paris. Ensuite, en 2017, en tant que musicien et compositeur, j’ai été repéré par PROOF (« Validé » la Série CANAL+) pour faire des sessions studios. Pendant cette période j’ai observé, expérimenté, et j’ai été sollicité par différents artistes, jusqu’à revenir à un projet plus personnel.


© Photo : Emmy COSNEFROY

T : Nino, en toute transparence pour nos lecteurs, depuis de nombreuses lunaisons, je vous suis. Je vous ai connu à vos débuts, avec le groupe « Papam Faya » et Oceng ORYEMA. Depuis, vous faites chacun route solitaire et j’ose dire « comme cela vous va bien à tous les deux. » Moult questions vous ont été posées au sujet de la rupture. Ce qui m’intéresse ici et je le pose ainsi : Que gardez-vous de positif de cette première expérience ? Nino GOTFUNK : Tout d’abord, j’en tire des leçons, dans tous les sens du terme. Jouer en groupe est une expérience riche en apprentissage, on apprend beaucoup avec les autres et on apprend beaucoup sur soi. J’ai toujours pensé que l’élan collectif permet de provoquer ce qu’Albert Jacquard appelait « l’émulation » : enrichir le processus créatif grâce à l’apport de chacun. Actuellement, tout est fait pour casser la notion de « groupe » au profit de projets solos. C’est pourquoi j’ai longtemps tenu à rester en groupe, avec Oceng bien sûr (Oceng ORYEMA), mais avant cela, avec un certain nombre de musiciens et amis, qui ont tous apporté leur touche dans la musique et lors des concerts. Le public nous apprend à être humble à ce sujet, car il s’attache parfois beaucoup plus à ce qu’il a vu : des gens qui jouent ensemble, une « bande », une osmose, autant qu’à la musique en elle-même. Je garde donc l’image de cette osmose, de cette alchimie qui m’a fait vivre mes premiers kiffs sur scène. Après, quand je disais que jouer en groupe apprend beaucoup sur soi-même, c’est que j’ai toujours été dans l’âme, un compositeur, un arrangeur et dans le même temps un leader. Or, le travail artistique comme le travail intellectuel vous poussent parfois à devoir défendre vos idées vous-même, afin d’y être le plus fidèle possible. En partant en solo, j’ai eu le sentiment de retrouver une certaine liberté, une certaine indépendance et j’ai pu déployer d’autres capacités comme le mixage, ou les arrangements par exemple. Enfin ce que je retiens vraiment aussi, c’est cette promesse de ne rien lâcher, de faire ce métier jusqu’à la fin de notre vie ! T : Passons à votre album ! Quelle bien jolie aventure vous nous offrez avec votre tout premier album « HYBRIDITY » ! Moi qui aime les voyages en restant sur place, j’avoue avoir décollé, avec cette sensation de temps suspendu au- dessus du Monde Musical ! Un sentiment de parcourir la vie des sixties à nos jours, avec un enchaînement tout en subtilité, comme une évidence. Nino GOTFUNK : Merci beaucoup TYNDIAYE !


© Photo : Quentin DMR

T : Nino de quelle alchimie usez-vous?

Nino GOTFUNK : 90 % de groove, de soul, de funk, mes premiers amours, quelques épices orientales, reggae, latines. Je fais revenir tout ça avec un zest de Hip Hop et de la trap. Le tout chauffé au feu de la joie et de l’espoir : « Good Days are coming ! » T : Nous ressentons bien, là, vos influences, savamment accordées pour créer votre propre personnalité d’écriture vocale ! Qu’est-ce qui s’invite en premier : l’écriture, la mélodie ? Nino GOTFUNK : En fait, la mélodie, oui, mais au sens large du terme. Selon moi tout est lié, tout le temps. Je parlais tout à l’heure de l’importance d’avoir une idée, du rendu final, assez vite. Le terme qui conviendrait le mieux c’est celui d’harmonie.


Je recherche une harmonie entre ce que je pense et ce qui s’entend. C’est un moment particulier qu’il ne faut pas louper, plus vite on trouve une harmonie, moins on passera de temps à la retoucher : comme en amour, c’est le premier regard qui marque les esprits. La musique c’est pareil, à la première seconde on doit être conquis. T : Un petit mot sur les personnes qui vous entourent sur l’album ? Nino GOTFUNK : Il y a des choristes, JEANETTE et AMINATA, avec qui j’ai fait quelques scènes entre Rouen et Paris. Elles sont venues poser leurs voix sur « Only One ». Sur ce titre il y a aussi la patte de DICÉ (Mickael RÉBOUX) qui a enregistré les voix, mixé et co-arrangé. J’ai rencontré DICÉ au studio DIN RECORDS, il travaille entre autres pour MÉDINE, récemment pour STING et MAÎTRE GIMS… Aussi, il y a Mary MAY, une artiste soul/reggae qui est venue poser sa voix sur mon titre « Nobody », mixé et enregistré par Romain BREDEL. Il y a Alexis BARDINET, qui a fait le mastering de l’album, et enfin, pour la partie graphique, Quentin DMR et Emmy COSNEFROY.


© Photo : Emmy COSNEFROY

T : Quels sont les thèmes qui vous tiennent à cœur ou tout au moins que vous aimez explorer pour vos chansons ? Et pourquoi ? Nino GOTFUNK : Le premier thème de l’album et de ma musique en général, c’est celui du mélange, de la richesse du métissage. Je me considère comme un citoyen du monde. Ce qui me tient à cœur, c’est de faire passer un message d’ouverture sur les autres, un message d’espoir de manière souvent légère. Un titre comme " The Clap Song " représente bien ma musique. C’est un hymne à la joie et à la résilience, avec une sonorité à la fois très 60’s et très actuelle : il parle à beaucoup de monde, c’est pourquoi je pense qu’il a été écouté dans de nombreux pays. J’aime me servir de ce que j’ai pu vivre moi-même, pour aider les autres, c’est un peu le message du gospel : « tu n’es pas seul », « garde espoir », « crois en l’Amour, aime et aime encore ! ». Je crois vraiment que la musique peut changer l’état d’esprit des gens, même dans les moments les plus difficiles. Après, j’évoque le thème de la solitude et de l’exclusion dans un titre plus sombre comme « Nobody ». C’est un titre plus engagé, fidèle aux valeurs que je défends. Comme je disais, je me considère comme citoyen du monde et notre devoir d’être humain devrait commencer par secourir et accueillir dignement ceux qui traversent la mer pour survivre. De la même manière que si c’était notre mère, ou notre frère. Or, nous nous sommes habitués à l’égoïsme et à une forme d’indifférence envers une partie de l’Humanité : ce titre est donc crié sur le refrain, comme une forme d’appel à l’aide… A la fin, les voix sont chantées comme le feraient des Sirènes. C’est une référence à la Mer, à l’Odyssée. Nous n’entendons pas les cris, nous cédons plus facilement aux chants de certaines Sirènes…

T : Merci Nino. Votre voix est essentielle, comment l’entretenez-vous ? Quelques secrets ?


Nino GOTFUNK : J’ai appris à davantage poser ma voix avec le temps et à me poser moi- même. C’est déjà un secret, car dans nos sociétés nous sommes soumis à de nombreuses sources de stress. On parle vite, pour dire tout et n’importe quoi, on use sa voix, comme on use le reste du corps. Pour être honnête je ne fais pas beaucoup d’exercices, mais je ne fume pas (plus). Mais j’ai quand même une potion magique à base de gingembre (rires). T : Diriez-vous que votre voix chantée et/ou parlée a évolué par rapport à vos débuts et si oui en quoi ? Nino GOTFUNK : Oui, je poussais davantage sur ma voix, je recherchais un peu comme dans le sport, une certaine puissance. Puis avec le temps j’ai appris à explorer tout un tas de possibilités… Ma voix est plus grave aujourd’hui, un peu plus « mature ».


© Photo : Emmy COSNEFROY

T : A l’heure où les frontières vont rouvrir autrement, dans quel pays aimeriez-vous poser vos valises ? Un rêve ? Nino GOTFUNK : Il y en a beaucoup, mais je dirais les USA et tout particulièrement la Californie. Peut-être, l’Amérique du Sud aussi… T : Vous avez auto produit ce premier album. On sait les difficultés qui peuvent jalonner ce parcours, de sa création à sa conception. Excusez-moi d’être directe, comment avez-vous procédé pour le financement ? Nino GOTFUNK : J’ai tout financé ! T : Avez-vous eu des périodes de doutes et/ou de découragement ? Nino GOTFUNK : Jamais je n’ai cessé d’y croire, d’écrire, mais j’ai eu des moments de fatigue intense, qui m’ont permis aussi de me recentrer, de retrouver un certain équilibre. J’ai tendance à ne pas compter les heures quand je fais de la musique, mais comme dans tout travail, il faut vraiment faire des pauses. C’est ça la difficulté de ce métier, on n’est jamais vraiment en vacances, parce qu’on ne considère pas ça comme du « travail », mais comme un plaisir. Mais même les plaisirs doivent se doser si on veut continuer à les apprécier. T : Qu'est-ce qui vous inspire dans la vie ? Nino GOTFUNK : La musique en elle-même m’inspire. Le temps qu’il fait, l’atmosphère dans une pièce, d’un moment… La fête, l’amour, le désir, les femmes. T : Qu’est-ce qui vous pousse toujours plus loin et pourquoi ?


Nino GOTFUNK : Je pense au chemin parcouru, et je me dit qu’il y a encore tant de belles choses à faire, tant de belles chansons à écrire, tant de bonheur à donner aux gens. Et rendre fier ma famille aussi.


T : Quelle jeune homme êtes-vous en 2021 ?


Nino GOTFUNK : Un jeune homme reconnaissant.


© Photo : EMELKA


T : Quel sera votre petit pas d’après ?


Nino GOTFUNK : Je souhaite monter un label.


T : Que dites-vous aujourd’hui au petit garçon / au petit Nino que vous étiez ?


Nino GOTFUNK : Crois en tes rêves, travaille dur pour provoquer ta chance, n’abandonne jamais.


T : Encore une petite chose, quels sont vos 3 mots inspirants du moment et que vous accepteriez de partager avec nos lecteurs ?


Nino GOTFUNK : Gratitude, Humour et Amour.


T : Au revoir Nino, merci infiniment de votre temps précieux, au plaisir d’entendre vos prochains titres sur scène… A très vite !


Nino GOTFUNK : Merci beaucoup TYNDIAYE !



Amis lecteurs, je vous invite à chanter avec Nino GOTFUNK et à rejoindre les plus de 40 000 paires d’oreilles qui l’écoutent déjà sur SPOTIFY, ou à danser sur " THE CLAP SONG " sur YOUTUBE, impossible d’y résister tant le rythme envoûte nos pieds… Encore un bel artiste coup de cœur à suivre de près…


TYNDIAYE


Mise en page : Cynthia Akel